Le Triangle Victime Bourreau Sauveur, Triangle dramatique de Karpman

On est pris dans le Triangle dramatique de Karpman : Victime-Bourreau-Sauveur si l’on se reconnais dans ce genre de situations :
L’autre, croit-on, a besoin de notre amour pour être heureux, alors on se sent investi de la mission de l’aimer doublement pour l’aider à se trouver, à s’aimer un peu plus lui même et ainsi construire ensemble un bonheur durable. On est Sauveur ! Mais comme on est rarement reconnu ou récompensé de ses efforts… on n’obtient pas le ”retour sur investissement” escompté.
On devient Victime, on cherche des oreilles complaisantes pour nous plaindre, « c’est un pervers narcissique, donc ce n’est pas de ma faute… », mais impossible d’en sortir. Ou alors avec beaucoup de fracas et de blessures.
Et là, on se reconstruit petit à petit, un peu plus d’estime, de confiance…  on rencontre un partenaire délicieux, prêt à faire notre bonheur, à se plier en quatre pour nos beaux yeux. Enfin ! ça nous change… Mais là, une drôle de sensation de déjà vu se pointe : Moi, manipulateur ? l’autre comme mon objet ?  du pouvoir sur lui ?
Ah non ! je n’ai pas envie d’être Bourreau : STOP !
(comme le dit Don Miguel Ruiz dans ”La Maîtrise de l’Amour” offrez à votre partenaire le cadeau de rompre la relation pour le libérer en même temps que vous)

De quoi parle t-on dans ces trois situations ? de souffrance personnelle et de manipulation de l’autre.
Nous ne sommes pas libres, quelle que soit la place. Notre comportement réagit en fonction des réponses de l’autre. Un pouvoir s’exerce de l’un sur l’autre, une dépendance mutuelle. Nous avons co-créé ces relations toxiques.

Dans la posture de victime : j’ai besoin d’une oreille compatissante, d’un sauveur : je ne suis pas capable d’en sortir seul. Mon intolérable histoire est tellement unique… et j’y suis attaché : T’as vu ce qu’on m’a fait ? ce que je subis ?

Dans la posture de bourreau : j’ai tellement souffert que ma seule solution est de faire inconsciemment subir à l’autre ce que j’ai enduré et mis sous le tapis : Mépris, intimidation, dévalorisation, cruauté… pour éviter d’être contrarié ; subtile vengeance.

Dans la posture de sauveur, on sort la cape de superman pour venir en aide à une victime, ou supposée l’être ; capable de se sacrifier pour être reconnu, aimé, validé. On préfère s’occuper de l’autre plutôt que de ses propres souffrances, persuadé qu’il s’agit d’altruisme. Niant à quel point on attend et on dépend de la reconnaissance de l’extérieur, souvent par peur d’être abandonné.

On peut se surprendre aux trois places, car le point commun est la manipulation, effective et consentie, signe d’une relation malsaine dans tout les cas, la plupart du temps inconsciente.
Preuve qu’au fond de soi, on ne s’aime pas suffisamment, qu’on a un besoin impératif inconscient d’être aimé et reconnu, persuadé peut-être qu’on ne le mérite même pas. En exerçant un pouvoir sur l’autre, on l’autorise à exercer un pouvoir sur soi.
Le juge en soi a réponse à tout pour nous éviter d’ouvrir les yeux : lutte, fuite, évitement, tétanie, mensonge …
La répétition de situations similaires au fil du temps, avec des partenaires-adversaires différents, est un bon révélateur pour commencer à se responsabiliser.

Comment en sortir ?

La clef repose sur la prise de conscience : On recherche de l’amour.
Lors de cet évènement, on se sent inconfortable au début, désaxé, déséquilibré, prêt à tomber, (sans la béquille de l’autre). On sens comme un vertige, les pieds se dérobent ; parfois avec l’impression qu’un gouffre s’ouvre, faisant croire qu’on va en mourir…
Pas de panique, c’est le « mental-égo » posé sur cette ancienne croyance qui a peur de ne plus servir à rien sans la réponse automatique programmée. C’est lui qui a peur de mourir.

Accueillir cette découverte, s’apporter tout l’amour dont on a besoin de l’intérieur, la reconnaissance qu’on est un Être unique, magnifique, capable d’Amour, en faisant taire tout jugement, toute pensée de résistance. S’accorder la bienveillance qu’on pourrait avoir avec son meilleur ami. Ressentir à quel point ça fait du bien, et progressivement, de plus en plus.

Les Oui-mais :
Dès qu’on prend conscience d’un changement profond à faire en soi, le « mental-égo » réagit par la résistance : Oui-Mais : occasion d’une double prise de conscience.
Qui résiste au changement ?

Si je ne suis plus victime, est-ce qu’on s’occupera encore de moi ? viendra-t-on  me voir ? me plaindra t-on encore ? A quels bénéfices secondaires devrais-je renoncer ?…  Si vous libérez la personne de son « obligation » de vous rendre service, elle le fera pour le plaisir d’être en compagnie d’une Belle personne, sans contrepartie…  sinon, son besoin d’être sauveur s’en ira s’occuper d’une autre victime, laissez la partir, et vous allez attirer auprès de vous des personnes qui n’auront pas de commerce d’influence à échanger avec vous.

Si je suis sauveur, vais-je devoir renoncer à rendre service ? Tout dépend d’où part votre envie : Si vous suivez l’élan de votre coeur, vous ressentirez le plaisir de donner, gratuitement, car ça ne vous coûtera rien. Et vous serez surpris de recevoir en abondance. A l’inverse le sacrifice de soi pour être altruiste part d’une injonction du « mental-égo » à obtenir une contre-partie ; la reconnaissance par exemple : C’est très ”énergivore” : suivez cette piste pour détecter si l’amour vous guide, ou à la réflexion, le manque d’amour, le besoin de se croire la « bonne »personne.

Si je suis bourreau, vais-je pouvoir sortir de mes pièges : Les peurs d’être envahi, les colères non digérées, le déni de soi, les frustrations, abus et autres soumissions vécues que je ne veux plus jamais ressentir ?
Tout cela appartient au passé et tant que je me raconte ces histoires, je les fige et les rend présentes et insurmontables. Se faire aider par la thérapie ne rendra pas vulnérable, au contraire. Dépasser ces blocages grâce au pardon (d’abord à soi-même) par exemple, va apporter une paix intérieure qu’aucune maltraitance de victime-bourreau-sauveur ne pourra jamais vous apporter.
Tout cela nous ramène au sujet des dépendances toxiques en général:

• Amour, don de soi gratuit et enrichissant, où on se sent heureux d’offrir le meilleur de soi-même?
• ou ce qu’on croit être de l’amour et qui n’est en réalité que désamour de soi, mendicité, résultat de sa propre maltraitance, dévalorisation, indignité… avec la sensation d’épuisement, qu’on ne sera heureux que demain et encore avec des si …

Conclusion :

Sortir des relations malsaines commence par s’aimer soi-même de manière inconditionnelle : ici et maintenant, se donner tout l’amour qu’on attendait de l’extérieur, faire taire son juge intérieur, se pardonner, accepter de faire des erreurs, d’être vulnérable, de ne pas tout contrôler. Trouver du temps pour faire des petites choses qui nous font plaisir, se gratifier, se féliciter … comme on le ferait spontanément et tendrement avec un proche. Sans vouloir atteindre un but inaccessible, juste pas à pas, marche après marche, tout les jours…

… Et quand on se retourne, on voit qu’on n’est plus dans la même souffrance, qu’on a grandi, parfois même qu’on est sorti du tunnel.

 

 

 

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